Cette nuit, la neige est tombée sans relâche, enveloppant le Bérouze d’un silence feutré.
Au petit matin, Sandrine, Frédéric et Alexandre sont venus nous réveiller un peu plus tard que d’habitude : nul ne savait encore si la station ouvrirait ses portes. L’attente a duré quelques minutes, mais elle avait ce goût particulier des moments suspendus, où tout peut basculer. Puis la nouvelle est tombée : le domaine ouvre.
En un instant, le calme a laissé place à l’effervescence. Petit déjeuner avalé en vitesse, pique‑nique préparé à toute allure, vêtements enfilés dans un ballet presque chorégraphié. À 9h37, comme un clin d’œil du destin, nous étions dans la navette.
Le dernier jour : une tradition, une équipe, une seule énergie
Par tradition, le dernier jour de la classe de neige, les trois groupes skient ensemble. Une seule équipe, un seul souffle, un seul élan.
Nous montons par le Chariande Express. Au sommet, un spectacle saisissant nous attend : un nuage épais posé sur la montagne, des rafales de vent qui soulèvent la neige en tourbillons, comme si le ciel lui‑même hésitait entre tempête et lumière.
C’est dans ces conditions parfois dantesques que nous nous engageons sur la rouge « Marmotte ». Le haut de la piste est recouvert d’épais paquets de neige, mais au fil de la descente, les silhouettes se précisent, les repères reviennent, et la glisse devient presque magique. Une neige douce, fraîche, parfaite. Une récompense inattendue.
Nous avons même le courage (ou la folie douce) de la refaire une seconde fois avant de savourer un pique‑nique bien mérité. Après lequel les élèves se sont laissés allé aux plaisir des jeux de neige. Plongeon dans la poudreuse et autres enfouissements dans cette neige épaisse.
L’après‑midi : chacun à son rythme, chacun son dernier défi
Revigorés, nous repartons affronter une nouvelle fois le sommet et la descente de la « Marmotte ». Juste le temps d'une éclaircie, juste le temps d'une pause pour une "photo de famille" ...
Puis, de retour au télésiège Chariande Express, le groupe se sépare selon l’énergie de chacun :
Les plus fatigués
Sarah, Arthur, Lyse, Matthew, Tom, Camille et Cassandre rejoignent Sandrine pour une après‑midi plus douce : pistes vertes « Babuches » et « Château », puis la petite rouge du « Stade ». Un moment pour savourer sans se dépasser.
Les plus énergiques
Aline, Lino, Gaspard, Edem, Clément, Abdallah, Robin, Lucio et Calixte repartent pour un nouveau défi sur la « Marmotte » sans avoir omis de passer préalablement vers l'Oasis pour sauter quelques bosses et faire des boadercross.
Puis, peu à peu, Gaspard, Edem, Lucio et Clément rejoignent le groupe de Sandrine, tandis que les autres s’offrent un dernier tour du domaine : début de « Marmotte », puis toute la fin de la « Dahu ». Une manière élégante et joyeuse de clore la semaine.
Malgré les conditions parfois rudes qui ont retravailler quelques coiffure, chaque enfant a profité de cette ultime journée.
Et surtout, chacun a démontré ce qui restera le maître‑mot de la semaine : progrès. Des progrès immenses, visibles, parfois même émouvants. Des progrès dont ils peuvent être fiers.
Le retour au Bérouze : la douceur après l’effort
Vers 17h30, nous rentrons au Bérouze après avoir rendu skis, bâtons et casques. Un goûter nous attend, comme une récompense. Puis direction la piscine, où l’énergie revient d’un coup : sauts du bord, plongeons depuis les épaules des camarades, éclats de rire qui résonnent sous la voûte.
À 19h15, nous passons à table. Les adultes ont droit à une fondue savoyarde (un privilège désormais interdit aux enfants dans les centres d’accueil) tandis que les élèves dégustent du poulet et une jardinière de légumes.
La soirée est consacrée au bilan de la classe de neige. Un moment de partage, de gratitude, de fierté. Un moment où chacun mesure le chemin parcouru, sur les skis comme dans le cœur.
Une semaine qui s’achève, mais dont les souvenirs, eux, continueront longtemps de briller.