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Premier jour

28 septembre 2026 par
Idée Collège

Ce matin, la pluie tombait sans conviction, comme si elle hésitait à troubler notre départ. Mais cela n’avait aucune importance : dans nos têtes, dans nos cœurs, un soleil bien plus solide avait déjà pris toute la place. Nous nous sommes retrouvés — presque tous — sur le quai de Villiers‑Neauphle‑Pontchartrain, vers dix heures, avec cette joie discrète qui précède les voyages et qui fait battre un peu plus vite le cœur.

Le train de 10h29 est arrivé à l’heure, comme pour nous encourager. Nous avons monté nos valises, nos attentes, nos petits bouts de vie, et nous avons filé vers Montparnasse. Là, en attendant le TGV pour Le Croisic, Raphaël nous a guidés vers nos sièges avec son sérieux tendre, tandis qu’Alexandre, Frédéric, Lucio et Nassime rangeaient les valises comme on range les soucis : méthodiquement, pour qu’ils ne prennent pas trop de place.


À peine Paris s’était-il éloigné que nous avons ouvert nos pique‑niques, comme un rituel joyeux. Le reste du trajet s’est déroulé dans une douceur simple : lectures, jeux, conversations qui ne cherchent rien d’autre que le plaisir d’être ensemble.


À La Baule, le ciel avait changé d’avis : il nous offrait une éclaircie. Pas de bus avant une heure et demie. Alors une partie du groupe est partie à pied derrière Frédéric et Alexandre, tandis que l’autre attendait un minibus. Et comme souvent dans la vie, les chemins différents ont fini par se rejoindre : les deux groupes ont parcouru les derniers mètres ensemble, comme une évidence.

Une fois les chambres investies, les vêtements rangés dans les armoires — ce geste simple qui dit que l’on s’installe vraiment — nous sommes partis vers la plage. Certains ont abandonné leurs chaussures et leurs vêtements sur le sable, comme on se débarrasse de ce qui entrave, et se sont jetés dans l’eau avec une joie brute, presque enfantine. Défis de natation, joutes improvisées, plongeons en apnée… Les autres, plus rêveurs, ont cherché des coquillages, ces trésors minuscules qui racontent que la beauté se cache souvent dans ce qui ne paie pas de mine.

Nous sommes rentrés, avons pris une douche, puis partagé le dîner. Après le repas, Frédéric nous a demandé d’écrire dans notre carnet le ou les moments préférés de la journée. Un exercice simple, mais précieux : il oblige à regarder le bonheur droit dans les yeux, à le reconnaître, à le remercier.


À 22h, les brosses à dents ont signé la fin de la journée. Et dans le silence qui a suivi, on sentait déjà que demain aurait sa part de lumière.


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