8h10. Alexandre et Frédéric passent de chambre en chambre, non pour réveiller qui que ce soit, mais pour s’assurer que chacun est déjà debout, prêt, disponible au jour qui commence. Le ciel hésite encore, encombré de nuages, mais une lumière douce perce déjà, comme une promesse discrète.
Tout le monde se retrouve autour du petit‑déjeuner, ce moment simple où les visages encore un peu froissés se détendent. Puis, après le rituel des brosses à dents, chacun enfile son maillot, glisse un change dans son sac à dos, et nous prenons le chemin de la plage ; ce chemin qui, chaque matin, semble ouvrir quelque chose en nous.
Nous avançons en direction de Pornichet. Au niveau du casino, une pause : le genre de pause qui n’en est pas vraiment une, car certains, déjà happés par l’appel de la mer, demandent l’autorisation de s’y jeter. Une fois accordée, ils se précipitent dans les flots de la marée descendante, comme si l’eau avait le pouvoir de les rendre plus vivants.
Nous reprenons ensuite notre progression jusqu’à la plage des Cimes Bleues, où la baignade est au programme. Le directeur de l’hôtel nous y rejoint, livrant lui‑même les pique‑niques du jour — un geste simple, mais qui donne à l’instant une chaleur inattendue.
Après avoir mangé, les enfants retournent aux vagues, certains avec des jeux de ballon, d’autres avec cette joie brute qui ne demande rien d’autre que de courir, sauter, éclabousser. Certains s'initient au cerf-volant de traction avec Frédéric.
Puis Alexandre rassemble tout le groupe — enseignants compris — pour des animations collaboratives. Des rondes, des défis de mobilité, des jeux qui obligent à se regarder, à s’écouter, à se coordonner. Deux équipes se forment, presque naturellement.
Elles s’affrontent dans des épreuves où l’on se passe un ballon au‑dessus des têtes, puis entre les jambes, où l’on saute par‑dessus les corps alignés, où l’on tente une sorte de Mastermind revisité. Deux heures de rires, d’efforts, de petites victoires, de complicité.
Puis, comme si la mer voulait elle aussi participer, la marée montante offre des vagues plus hautes, plus généreuses. Le groupe retourne à l’eau, happé par cette énergie nouvelle.
Le chemin du retour se fait en quarante‑cinq minutes, dans une fatigue douce, celle qui dit qu’on a bien vécu.
Tout le monde passe à la douche avant de redescendre pour le dîner. La journée se termine par une veillée façon Une famille en or, où les rires remplacent les points, où l’important n’est pas de gagner mais de jouer ensemble.
Et puis, comme un dernier geste de tendresse, un appel en visio à Emma, pour qu’elle puisse, elle aussi, être un peu avec nous, parce que les liens, quand ils sont vrais, ne connaissent ni distance ni absence.


























