Ce matin, comme chaque matin depuis le début de notre séjour, Frédéric, Alexandre et Sandrine sont venus frapper doucement aux portes. Un geste simple, presque rituel, qui ouvre la journée comme on entrouvre un livre. Le chalet s’est éveillé lentement, dans une lumière encore douce, et chacun a rejoint le petit déjeuner avec cette tranquillité propre aux habitudes qui s’installent.
Puis vinrent les gestes familiers : préparer le pique‑nique, enfiler les couches de vêtements, ajuster les chaussures de ski, sentir la tension des boucles qui se referment. À 9h37, la navette nous attendait, fidèle au rendez‑vous, prête à nous emmener vers les sommets.
En haut du Grand Massif Express, tous ont poursuivi par le télésiège Chariande Express, comme un fil tendu vers l’altitude. C’est là que les chemins se sont séparés.
Le groupe des Débutants : la découverte qui devient maîtrise
Le groupe de Frédéric (réduit ce matin à Lyse, Matthew, Abdallah, Tom, Gabrielle et Camille) est parti directement sur la bleue « Silice ». Une glisse douce, rassurante, qui a ouvert la voie vers « Dolomie », puis « Portet ». Les progrès étaient visibles, presque palpables.
Après une remontée par la Tête des Saix, ils ont entamé la descente de la « Dahu » et se sont arrêtés au bord du petit lac pour le pique‑nique. Le soleil jouait sur la surface gelée, et les rires se mêlaient aux glissades improvisées et aux batailles de boules de neige.
À 14h, Abdallah a quitté le groupe pour rejoindre celui d’Alexandre, une petite fierté pour lui, un pincement pour Frédéric. Les autres ont terminé la « Dahu », puis sont remontés par le Chariande Express pour redescendre par « Perce‑Neige » et rejoindre la bleue « Marmotte ».
En fin d’après‑midi, les plus fatigués (Sarah, Lucio, Camille, Gabrielle et Tom) sont restés avec Frédéric pour rejoindre le Grand Massif Express par la « Demoiselle », tandis que les autres suivaient Alexandre pour une dernière descente.
Le groupe d’Alexandre : la montée en puissance
Pour cette troisième journée, les Intermédiaires ont commencé par un échauffement sur « Perce‑Neige » et « Marmotte ». Très vite, l’envie de se dépasser les a conduits vers le snowpark de « l’Oasis ».
Deux passages sur le Boardercross, un saut XS… Et surtout, un moment inoubliable : Aline, portée par un mélange de courage et d’élan intérieur, s’est lancée sur le Big Air. Une réception parfaite, applaudie par tout le groupe.
Après une remontée à la Tête des Saix, ils ont rejoint les Débutants pour descendre la « Dahu » et partager le pique‑nique au bord du lac.
L’après‑midi a été marqué par l’arrivée d’Abdallah, qui s’est immédiatement illustré par sa fluidité. Ensemble, ils ont affronté la piste rouge « Chamois », aux reflets presque noirs, avec une aisance impressionnante. Puis retour au snowpark pour tester les Slopestyles S, où chacun a trouvé un module à sa mesure.
Pour conclure, ils ont rejoint les Débutants pour dévaler la « Marmotte » rouge. Les progrès étaient tels que certains ont prolongé le plaisir par une ultime boucle via « Marmotte », « Dahu » et « Vérosse ».
Une étape supplémentaire venait d’être franchie — et cela se voyait dans les sourires.
Le groupe des Confirmés : l’épopée des 35 kilomètres
Pour les Confirmés, la journée a pris des allures d’aventure.
Ils ont commencé par la « Marmotte Rouge », puis filé vers le Boardercross pour des courses effrénées. Mais le moment fort du matin fut la descente de la « Pacotille », une longue noire sinueuse entre les sapins. Un mélange de technicité, de vitesse et de pure joie.
À midi, ils ont rejoint tout le monde au bord du lac du Dahu pour un pique‑nique sous un soleil éclatant.
L’après‑midi les a conduits vers Les Carroz pour explorer deux nouvelles rouges, avant de revenir sur Samoëns. Puis vint le sprint final : l’impressionnant « Aigle Noir », la liaison technique vers « Paramé », et, juste avant la fermeture, une dernière montée pour une ultime descente sur la « Marmotte Rouge ».
De retour au centre, un petit goûter nous attendait, comme une parenthèse sucrée après les émotions de la journée. Les conversations allaient bon train, encore portées par les descentes, les rires, les petites victoires personnelles. Puis, sans vraiment s’en rendre compte, tout le monde a glissé vers la piscine, où une heure entière s’est écoulée dans un mélange de détente, d’éclaboussures et de jeux. L’eau avait ce pouvoir étrange d’effacer la fatigue tout en révélant la joie simple d’être ensemble.
Avant le dîner, le calme est revenu peu à peu. La soirée, elle, a pris un ton plus doux, presque solennel. Frédéric et Alexandre ont rappelé que le troisième jour est souvent celui où le corps commence à montrer ses limites, où la fatigue s’installe sans prévenir. Un message important, presque bienveillant, comme une invitation à écouter ce que le corps murmure parfois trop discrètement.
Alors, ce soir, les lumières se sont éteintes un peu plus tôt. À 22h, le chalet s’est enveloppé d’un silence apaisant, comme si chacun acceptait enfin de déposer la fatigue accumulée.
Demain, une nouvelle aventure nous attend. Et peut‑être, qui sait, une nouvelle part de nous‑mêmes à découvrir sur les pistes.