Ce matin, quelque chose flottait dans l’air de la Gare de Lyon. Une énergie douce, presque joyeuse, comme si chacun pressentait que la journée marquerait le début d’une parenthèse hors du temps. Nous nous sommes retrouvés au point info du hall 2, tous rassemblés bien avant l’heure du train, une première, et peut‑être déjà un signe que cette semaine aurait une saveur particulière.
À dix heures, nous étions installés dans le train, direction Cluses. Le voyage s’est étiré un peu plus que prévu, quarante minutes de retard qui n’ont pourtant entamé ni l’enthousiasme ni la bonne humeur du groupe. Vers midi, un rituel immuable s’est imposé : l’ouverture des sacs et le bruissement des emballages. Les pique‑niques ont pris le dessus sur les portables et les consoles, abandonnés sans regret, comme si chacun sentait qu’il était temps de se reconnecter à autre chose.
À notre arrivée à Cluses, le car nous attendait. Les bagages ont disparu dans les soutes, et quelques minutes plus tard, le chalet du Bérouze se dressait devant nous. Une photo de groupe, un instant suspendu, avant la distribution des clés. Les duos de chambres se sont formés naturellement, avec l’excitation discrète de ceux qui s’apprêtent à vivre une aventure commune.
À peine les valises posées, nous avons enfilé nos chaussettes de ski pour aller essayer nos chaussures et récupérer nos skis. Un premier contact avec le matériel, comme une promesse de ce qui nous attend demain.
Nous nous sommes ensuite réunis dans la salle qui nous est réservée. Frédéric et Alexandre ont rappelé les règles du bien‑vivre ensemble, essentielles d’autant plus que nous partageons le centre avec un autre groupe. Les élèves ont écouté avec sérieux, conscients que la réussite du séjour dépend aussi de cette attention portée aux autres.
Le dîner a suivi : une soupe de légumes réconfortante, un croissant jambon‑gruyère qui a fait l’unanimité, puis un dessert pour conclure. Une simplicité chaleureuse, parfaite pour une première soirée.
Après un passage par les chambres pour se brosser les dents, nous avons enfilé gants et manteaux pour rejoindre la patinoire. Sur la glace, chacun s’est élancé avec son propre style, sa propre appréhension, son propre courage. Et, comme souvent, les progrès sont venus presque sans qu’on s’en rende compte. Des rires, quelques chutes, beaucoup d’entraide.
Puis ce fut le retour au chalet, les douches rapides, les lumières qui s’éteignent une à une. La fatigue a gagné les visages, mais une fatigue heureuse, celle qui annonce que demain sera encore plus beau.
La première journée s’est refermée ainsi, dans un calme doux, comme si chacun avait trouvé sa place dans cette aventure qui ne fait que commencer.